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du Phare

Soigner par la musique

Au Phare Enfants et Familles, l’art, le jeu et la musique imprègnent l’endroit pour mieux enrichir les journées des enfants qui y séjournent. Toutefois, ces moyens ou activités ludiques peuvent parfois procurer davantage que les bienfaits qu’on leur connaît. Pour nous en parler, nous avons rencontré Catherine Perron et Marie-Pierre Labelle, respectivement musicothérapeute et stagiaire en musicothérapie pour l’organisme.

Qu’est-ce qui vous a amenées à devenir musicothérapeutes?

Catherine Perron (P) : Lorsque j’ai terminé mon cégep, je ne savais pas quoi choisir entre la musique et la psychologie. J’ai finalement choisi la musique et je suis devenue violoncelliste. J’ai travaillé à titre de pigiste pendant 20 ans. Mais après avoir eu mon premier enfant, j’ai eu envie de changement et d’explorer cet intérêt que j’avais pour la psychologie. Durant cette même période, l’Université Concordia a démarré son programme de musicothérapie au 2e cycle et je m’y suis donc inscrite.

Marie-Pierre Labelle (MPL) : J’ai d’abord étudié en musicologie à l’Université de Montréal. Par la suite, n’étant pas certaine que c’était ma voie, je me suis inscrite en enseignement de la musique à l’Université du Québec à Montréal. Dans le cadre de mon programme, j’ai eu à travailler avec un enfant autiste de cinq ans et c’est ce qui m’a fait réaliser que je voulais travailler avec des enfants et aider. Je joue du piano depuis que j’ai 4 ou 5 ans et la musique a toujours fait partie de ma vie. Je sais qu’elle peut énormément aider les gens. 

Au Phare, à quoi ressemble votre travail?

CP : Nous avons des rencontres individuelles, entre 20 et 25 minutes par enfant. Nous essayons alors de cibler leurs besoins et de fixer un objectif. Ça peut être au niveau moteur, cognitif, émotif, etc. 

Pouvez-vous nous partager un exemple où vous avez vu les bienfaits de la musicothérapie?

CP : Oui. Je vois une enfant régulièrement depuis quelques années. Avec elle, nous travaillons à augmenter sa capacité à se concentrer sur une activité. Avant, elle changeait d’activité aux 20 secondes et me demandait toujours une autre chanson. Peu à peu, elle s’est impliquée dans le jeu et elle s’est mise à jouer des cloches à main. C’était bon pour son estime personnelle et cela l’a aidée à se concentrer. La musique c’est un mode de communication génial, une porte d’entrée fantastique, surtout pour les enfants qui n’ont pas accès au langage. Ça permet d’entrer en communication plus facilement avec les enfants.

MPL : Absolument! Il y a une enfant que je rencontre qui, lorsqu’elle a commencé les séances, avait beaucoup de difficulté à passer d’une activité à une autre. La transition vers une nouvelle activité était difficile pour elle : cris, pleurs... Je l’ai rencontrée de façon plus soutenue, soit quatre fois par semaine et j’ai vu une énorme amélioration. Les enfants que je vois plusieurs fois dans une même semaine, je vois le progrès, c’est sûr.

Que diriez-vous que votre travail ou stage au Phare vous a apporté?

CP : Ça a changé beaucoup de choses pour moi. On parle souvent du moment présent. Ça m’a permis de le vivre réellement. C’est un peu ça que je vis quand je suis en interaction avec les enfants; c’est un bijou, un joyau. Pour résumer mon travail au Phare, je citerais cette phrase de Platon : « La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée ».

MPL : Ça m’a confirmé ma voie. J’ai beaucoup appris en créant des relations à court terme comme ça. Cela m’a obligée à m’adapter plus rapidement en fonction des buts à établir avec l’enfant.

Qu’est-ce que la musicothérapie?

Selon l’Association québécoise de musicothérapie (AQM), la musicothérapie est un mode d’intervention qui utilise les composantes de la musique, soit le rythme, la mélodie, l’harmonie, etc., afin d’améliorer ou de maintenir le bien-être physique et psychique de l’individu. Cette pratique fait appel à la sensibilité et à la créativité de l’individu. En prenant appui sur le non verbal, elle offre une variété de modalités d’expression.

La musicothérapie permet de travailler six types d'aptitudes, soit sociales, communicationnelles (production de sons vocaux, formation finale, articulation), cognitives, académiques (concentration, mémoire à long ou court terme, savoir suivre une règle, créativité), motrices (mobilité, motricité fine), habiletés et intérêts en musique (lire la musique, jouer, etc.) et finalement, émotionnelles (contrôle de soi, estime de soi, concept positif, interaction).

 

Rédaction : gracieuseté de Julie Perreault, rédactrice bénévole pour Le Phare Enfants et Familles