Nouvelles
du Phare

Première cérémonie commémorative du Phare Enfants et Familles

Le 21 septembre dernier avait lieu la première cérémonie commémorative du Phare Enfants et Familles. Une première cérémonie, depuis la création du Phare, commémorant 96 enfants du Phare décédés à la Maison André-Gratton ou ailleurs.

21 familles étaient présentes, accompagnées d’amis, de grands-parents, d’oncles et tantes. En tout, une centaine de personnes ont pris part à cette cérémonie qui a honoré la vie et la mémoire des enfants.

L’événement avait lieu à la Maison des Marins dans la salle Montréal 360, au cœur du Vieux-Montréal. Cette magnifique salle tout de verre a permis de vivre ce recueillement dans la lumière avec une vue surplombant le fleuve. Le décor sobre conçu par les animateurs du Phare a ensoleillé cette cérémonie tout en douceur. On y trouvait autant de fleurs de papier multicolores que d’enfants qui ont laissé leur trace au Phare et dans nos cœurs.

La cérémonie était présidée par Alain Legault, intervenant en soins spirituels, agrémentée des mots bienveillants de Michèle Viau-Chagnon et de Lyse Lussier. Les musicothérapeutes du Phare, Catherine Perron au violoncelle et Kelly-Anne Vander Meer à l’accordéon, ont empli la salle d’une musique pénétrante et aérienne. Maryse Legagneur, harpiste, accompagnait en musique la montée de tous les invités dans l’ascenseur.

Les noms des enfants ont été lus par un membre de chaque équipe du Phare. Sur place, il y avait aussi le livre de la dernière histoire des enfants décédés, dans lequel chacun pouvait lire le dernier clin d’œil de la vie des enfants honorés.

Après la lecture des textes enveloppés de musique, un rendez-vous a été lancé à tous sur la magnifique terrasse afin de libérer 96 papillons « Belle Dames » en mémoire des enfants. Un moment magique et merveilleux qui a rassemblé tout un chacun dans l’émerveillement et l’espoir.

La trame de fond de la cérémonie était le deuil que chaque famille a vécu et vit encore. Quatre temps ont composé la rencontre, quatre temps comme autant d’étapes dans le parcours d’un deuil. Un texte a été choisi en accord avec chacun des quatre temps de deuil. Les premiers textes furent peut-être plus difficiles à entendre, car ils sont en lien avec les premiers temps du deuil, la séparation et la solitude. Ensemble, nous avons su reconnaître l’absence et la souffrance que les familles ont vécue et vivent encore.

Premier temps : Le temps de la séparation

Voilà ce qui me brûle les lèvres,

Voilà ce que j’ai envie de vous dire :

Arrière, vous tous,

Ne m’approchez pas !

Vous ne pouvez rien pour moi, rien,

Et si vous approchez, je vous repousserai,

Avec le feu qui me dévore le cœur.

Je sais que je suis injuste, odieux, insupportable,

Mais ce qui m’arrive est injuste, odieux, insupportable.

Laissez-moi, laissez-moi, je vous dis de me laisser,

Vous êtes coupables d’être vivants,

Nous sommes tous coupables d’être vivants,

Encore vivants, alors qu’il est mort, alors qu’elle est morte !

Second temps : Le temps de la solitude

Qui connaît ma solitude?

On ne m’invite plus à dîner ou à souper.

Bien sûr, je comprends,

Je ne suis pas une convive très gaie en ce moment,

J’ai du mal à m’intéresser à leurs histoires ordinaires…

Souvent, je préfère rester seule avec mes souvenirs,

Et ne pas avoir besoin de retenir mes larmes.

Pourtant, j’ai envie de dire que je ne suis pas une pestiférée :

Le deuil, ce n’est pas contagieux !

J’aimerais tellement que parmi ces personnes à qui je fais peur,

Une seule trouve le courage tout simple de me tendre la main,

Car je crois que je la prendrais, cette main tendue,

Oui, je voudrais la prendre.

Troisième temps : Le temps du vide intérieur

Je ne veux pas guérir,

Je ne veux pas guérir de la blessure de son absence !

J’ai peur, en perdant ma douleur,

De le perdre une seconde fois;

Qui me montrera que je peux vivre

Et retrouver goût à la vie

Sans le trahir, sans l’oublier, sans l’effacer…

Quatrième temps : Le temps de l’apaisement

Entendez-vous le vent ?

Il transporte avec lui la chaleur de sa peau, le son de sa voix.

Voyez-vous les nuages?

Ils font voguer au gré du vent son visage, ses traits, la grandeur de son être.

Sentez-vous la chaleur du soleil ?

Elle allume la flamme qui nous permet de garder au chaud les souvenirs de sa vie.

Quand je pense à toi,

il y a des jours où le plafond est trop bas et je dois sortir pour être capable de respirer.

Il y a des jours où j’entends ta voix, je sens ton odeur, ta présence vibre en moi.

Je ferme les yeux pour pouvoir te vivre un peu.

Lorsque la douleur est trop vive, je sors pour que le vent prenne avec lui un peu de mon chagrin. Je laisse les nuages se gonfler de ma peine, je sens le soleil réchauffer ma peau…

et je revis un peu.

Tu m'aides alors à respirer mieux.

Ton souvenir m'habite et fait partie de mon quotidien.

Je te revois si clairement, comme si tu étais encore là. 

Je respire...

Ta force me transporte, me propulse vers l'avant, vers l'horizon.

Tu marches à mes côtés pour t'assurer que je respire et que je ne tombe pas.

Dans les moments les plus sombres, tu allumes la lampe pour que je retrouve mon chemin.

Tu es là, au creux de moi - je le sais, je te sens.

Le temps avance, il n'arrête jamais,

il est le témoin de notre vie.

Il n'attend pas, il ne bouscule pas,

il passe tout simplement emportant avec lui un peu de ce chagrin.

Les saisons passent et ne s'arrêtent jamais

- automne, hiver, printemps, été -

me laissant l'héritage de ton souvenir, les images de notre vie.

Entendez-vous le vent?

Il transporte avec lui la chaleur de sa peau, le son de sa voix

Voyez-vous les nuages?

Ils font voguer au gré du vent son visage, ses traits la grandeur de son être.

Sentez-vous la chaleur du soleil?

Elle allume la flamme qui nous permet de garder au chaud les souvenirs de sa vie.