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du Phare

Le chien Benelux : générateur de bonheur et de sourires

Nouveau venu au Phare, Enfants et Familles, l’animal y procure joie, bien-être et apaisement par sa seule présence quotidienne auprès des enfants et du personnel.

Depuis son arrivée en août 2020, Benelux, un sympathique labernois de 2 ans et demi, égaie la vie des jeunes patients du Phare. Son arrivée a été possible grâce à la générosité du détaillant animalier Mondou et à la collaboration de la Fondation Mira. Il s’agit du tout premier chien présent, tel un employé, entre quatre et cinq jours par semaine dans un établissement consacré aux soins palliatifs pédiatriques au Québec.

Depuis la mi-février, du matin au soir en semaine, il accompagne l’infirmière assignée Patricia Higgins même lorsque celle-ci prodigue soins et attention aux jeunes.

« Plusieurs types d’animaux visitent de temps à autre les enfants qui sont au Phare, mais Benelux est différent puisqu’il a été formé comme un chien guide et spécialement sélectionné pour son rôle d’assistance. »

Cela signifie qu’il est à la disposition des enfants qui ont le goût de le flatter, marcher avec lui, le tenir en laisse ou simplement le sentir près d’eux pour se réconforter. « Le tout se déroule dans le respect total des jeunes, car nous ne forçons rien. Les relations s’établissent d’ailleurs très souvent à leur initiative. Toutefois, si l’un d’eux nous manifeste un quelconque inconfort ou si nous sentons une crainte, si minime soit-elle, nous y réagissons, car nous connaissons bien leurs signes non verbaux. »

Réactions immédiates de plaisir

Pour l’infirmière, l’impact positif de l’animal se perçoit de plusieurs façons. « Certains enfants ont les membres contractés et refermés vers eux. Or, dès qu’ils aperçoivent Benelux, ils ouvrent les bras en sa direction pour le caresser. D’autres, qui ont perdu des facultés en raison de la maladie, s’animent et le pointent du doigt avec enthousiasme pour nous signifier leur désir de le flatter. À ce chapitre, d’ailleurs, il a été démontré que le poil d’un chien procure des sensations tactiles très agréables et calmantes. »

Benelux est aussi mis à contribution dans des moments plus difficiles, comme lors de discussions avec les familles sur des scénarios de fin de vie. « Désormais, je l’amène avec moi dans ces circonstances, raconte Patricia Higgins. Certes, la charge émotive y demeure très lourde, mais sa présence transforme toujours l’ambiance. »

De manière générale, l’infirmière résume d’ailleurs ainsi son mandat : « Au jour le jour, je tente de saisir de telles occasions – avec enfants, parents ou collègues – où l’animal va générer, selon le cas, sa dose de soulagement, de sérénité ou de réconfort. »

Une bête en mission

Si Patricia Higgins évoque ses collègues, c’est que le personnel du Phare profite aussi des bienfaits de son nouveau compagnon. « Nous vivons des moments intenses dans le cadre de notre travail, rappelle-t-elle. Or, sa présence nous apaise et fait diminuer le stress inhérent à notre discipline. »

Toutefois, pas question pour les employés d’interagir avec Benelux comme avec un chien de famille. « Nous devons le traiter comme un collègue. Par conséquent, nous devons tous respecter certaines balises. Par exemple, nous ne prendrons pas une petite voix pour attirer son attention et l’encourager à venir jouer avec nous. Ici, notre attention doit toujours être portée vers les enfants et leur bien-être. »

L’inverse est aussi vrai. Malgré son tempérament fort sociable, le chien ne doit pas aller à la rencontre de tous ceux qu’il croise dans les corridors, salles et autres endroits. « Sur ce plan, mon rôle est de déterminer les comportements à adopter selon les circonstances. »

D’ailleurs, au jour le jour, la relation de Benelux avec sa grande famille humaine évolue, souvent avec des petits gestes qui font toute la différence. « Par exemple, nous avons noté que certains fauteuils roulants étaient si hauts qu’ils ne permettaient pas aux enfants de flatter le chien avec aisance. Donc, celui-ci a appris à mettre ses pattes avant sur un petit banc, ce qui le rend plus facile à caresser. »

Vivre l’instant présent

Somme toute, résume Patricia Higgins, Benelux s’inscrit parfaitement dans la mission du Phare d’accompagner les enfants et leur famille. « Peu importe le type d’interactions qu’elle vit avec l’animal, la personne qui passe du temps avec le chien se trouve à 100 % dans le moment présent. Elle ne se préoccupe pas de la suite des choses, n’est pas anxieuse ou nerveuse. »

Cette réalité est aussi vraie pour les parents. « Non seulement ils voient tout le mieux-être qu’apporte le chien à leurs enfants, mais quand eux-mêmes le regardent, lui parlent ou lui touchent, ils ne sont pas en train de penser à un prochain rendez-vous médical angoissant. »

Bref, s’il ne guérit personne, Benelux possède le pouvoir bien spécial d’illuminer autour de lui de nombreux moments quotidiens de bonheur et de joie. « Et cela se confirme dans les sourires que nous voyons systématiquement apparaître dans les yeux chaque jour. »